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Asobi Seksu - Citrus article écrit par Christophe Leiciaguecahar, le 4 juillet 2007 Le shoegazing se fait casser les genoux par une japonaise et ses potes. Derrière Asobi Seksu se cache un combo pour le moins pernicieux. Déluré, assurément. Phénoménal, sans conteste.
On croit en connaître un rayon, on fait le blasé, on se gargarise de notre discothèque personnelle, et soudain, c’est le coup de massue. Les murs s’effondrent, les certitudes s’écroulent. Le disque tant redouté, venu de nulle part, vient saccager tout ce qu’on avait patiemment construit. Citrus, d’Asobi Seksu, est le disque qu’on mérite de ramasser en pleine tronche. Et ça fait mal, très mal. Asobi Seksu, en japonais, se traduit « playful sex » (en esperanto). Et si on est ravi d’apprendre que sexe, en japonais, se dit seksu, on exulte à l’idée que playful est le néologisme pour « guitares dévastatrices ». On l’ignorait, mais franchement, c’est de la balle. Parce qu’avec un tel nom et un tel album, il n’est pas impossible que les parties fines deviennent sport olympique. Citrus, c’est un peu le shoegazing chez Emmanuelle Au Pays Du Soleil Levant, c’est la dream pop chez Sodome et Gomorrhe, c’est Lush chez Max Pecas. Kevin Shields vient de se prendre le rateau du siècle, sa Valentine est rhabillée pour plusieurs années. Citrus, soit un mélange pas trop subtil (mais qui s’en plaindrait) de grosses guitares et de chant mutin. Dès l’ouverture du deuxième titre, "Strawberries", on se fait faucher de plein fouet par un riff de guitares que Jesus And Mary Chain avait dû cacher sous un mediator. Le ton est donné, ce coup de griffe risque bien de nous affaiblir considérablement. Et cette vulnérabilité toute fraîche, Asobi Seksu va l’exploiter jusqu’à l’écœurement dans ce disque gorgé de tubes. Car ce jeune quatuor transpacifique n’a que faire de l’auditeur. Il ne s’embarrasse pas des carcans power pop pour dévaster un hymne ensoleillé (artificiellement) avec un riff de guitares d’outre-tombe, aussi court que ravageur. Le pire, c’est que ça marche à la perfection. Bizarrement, la deuxième partie du disque est plus passe-partout. Entre pop tout ce qu’il y a de plus traditionnelle, ballade à la sauce Cranberries (comprenez avec grosses guitares et voix éreintante) et brulôt aérien et pondéral comme les affectionne tant James Dean Bradfield (Manic Street Preachers), Citrus expose provisoirement ses quelques erreurs de jeunesse et ses faiblesses. La plus criante réside peut-être dans la voix de la petite Yuki qui peut parfois finir par lasser, comme toutes ces voix placées tout là-haut. En digne petite soeur de Kazu de Blonde Redhead, l’expérience en moins : car si Kazu était une dominatrice, Yuki serait une fausse ingénue en mini-jupe suçant un sucre d’orge tout en tenant un fouet en acier trempé. Il n’empêche, voilà comment sous sa jaquette rose-bonbon, un disque fait vaciller des univers, fait trembler des cathédrales, voire fait carrément exploser des vitraux que l’on croyait jusqu’ici indestructibles. Très chaudement recommandé. Lire également :
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