La semaine dernière, j’ai eu une révélation, un flash comme il m’en arrive toutes les années bisextiles. Pourtant, rien ne semblait me prédestiné à ce genre d’illumination, vu que nous étions au cinéma et qu’en l’occurrence Spiderman était à l’affiche.


La semaine dernière, j’ai eu une révélation, un flash comme il m’en arrive toutes les années bisextiles. Pourtant, rien ne semblait me prédestiner à ce genre d’illumination, vu que nous étions au cinéma et qu’en l’occurrence Spiderman était à l’affiche. Un bon gros blockbuster comme on en voit tous les été, plutôt sympa d’ailleurs : le genre de série B bien ficelée qui relaxe sans pour autant tomber dans la mièvrerie, comme c’est la plupart du temps pour ce genre de productions à gros budget.

Mais vous devez vous demander pourquoi je vous parle de Spiderman alors que c’est une chronique du dernier Weezer? Donc, j’en viens maintenant à Weezer. Bien enfoncé sur mon siège, j’ai eu cette fameuse illumination en la présence du héros de service : Peter Parker. Cet étudiant boutonneux à lunette est le frère jumeau de Rivers Cuomo! Même physique à lunette, même impossibilité de communiquer avec son amour caché d’enfance et certainement aussi la risée du lycée. Un gars sympathique en somme, mais dénué de tout charisme jusqu’au jour où il se fait piquer par une bestiole qui ne lui avait rien demandé.

Les chansons de Weezer ont beaucoup de similarités avec le héros en collant. On y perçoit les même clichés d’une situation de frustration propice à tout teen-ager, même si le héros détient des pouvoirs hors du commun. Et nous, bien évidemment, on se prend au jeu. Même si c’est gros comme un éléphant dans un couloir, on ne peut s’empêcher de s’identifier au looser de service, qui tout d’un coup devient un surhomme. Tout comme Peter Parker, Rivers Cuomo exploite le même filon pour rassembler une horde d’adolescents qui voient en le bonhomme un héros malgré lui.

La musique bien sùr tient une place importante. Rivers est un songwriter doué, héritier d’une tradition old-school qui ne révolutionne pas la formule, mais se révèle diablement efficace.
Des chansons pop armées d’une distorsion à la Pixies, qui peuvent peut-être sembler un peu trop plates aux premiers abords pour des oreilles aiguisés. Il n’empêche qu’il est dur de nos jours de trouver un groupe indie, mondialement reconnu, qui reste fidèle à ses idéaux (en démontre la diffusion mp3 gratuite sur leur site officiel et fréquences de parution d’album inhabituelle pour une telle grosse machine…).

Au lieu de cracher sur la soupe, il est intéressant donc de se pencher sur cette formation qui aux premiers abords peut sembler clinquante, mais laisse derrière elle une odeur de pourri, un peu dans l’esprit des Beach Boys période Smile (une de leurs influences).