Et bien non, il n’y a pas que Cocorosie dans la catégorie ovni cette année. Parrondo vient aussi de faire presque aussi fort, élevant le jouet dans la catégorie instrument de musique.


Les plus jeunes d’entre vous connaissent peut-être déjà José Parrondo, auteur, entre autres, du Petit Parrondo, de Kikekoi?, de Trop c’est Trop ou de Allez Raconte. Auteur, mais aussi illustrateur de nombreux livres pour enfants et de bandes dessinées, José Parrondo est un artiste belge qui a toujours quelque part, même en cachette, fait de la musique (même si c’est parfois avec un pouet pouet).

Grâce à un coup de pouce du label liégeois Soundstation, Parrondo a pu sortir son premier album épaulé par certains des grands noms déjà hébergés sous la même enseigne, comme le batteur de Dominique A Sacha Toorop alias Zop Hopop ou la chanteuse d’Adrian Boult, Delphine Bouhy . Il y a même la protégée de Dominique A (encore ?), Françoiz Breut qui vient prêter sa voix sur deux titres , ainsi qu’un enfant, prénommé Michka, qui joue du piano. Les titres purement instrumentaux et chantés se succèdent et offrent une variété et une richesse à l’album.

Tel un gamin que l’on aurait lâché dans un magasin d’instruments de musique, José joue tous les instruments les plus loufoques et marrants de l’établissement : ukulele, banjolele, xylophone, mirliton, petit accordéon, harmonica, melodica, piano, guitares, claviers, et , last but not least, des jouets. Ce dernier instrument, outre qu’il porte bien l’emprunte de la patte de l’illustrateur, apporte un côté minimaliste qui n’est pas sans rappeler le succès que connaît CocoRosie actuellement.

Pour continuer avec la comparaison Cocorosie, le hasard a voulu que des disques mettant au goût du jour des jouets pour enfants sortent la même année. Serait-ce révélateur de notre époque ce goût inavoué pour les sons qui ont bercé notre petite enfance ?

Les chansons sont très mélodieuses, distillant un arrière-goût de bonheur plus qu’efficace, surtout avec les titres chantés en espagnol : « En el aire » ou « Cuchichea ». Ce côté « voyage dans des contrées lointaines » est présent sur beaucoup de titres, et cela est bien évidemment dû à l’utilisation de tous ces instruments exotiques que sont l’ukulele et le banjolele.
Le piano dans « La sourde oreille » fait penser aux saloons des westerns de notre enfance (où sont passés tous ces films d’ailleurs ?). Le rêve est évoqué constamment, tout au long des titres, en passant de la musique de cirque à celle des manèges. Et l’on se surprend à aller chercher dans sa cave les jouets et autres boîtes à musique que l’on a tant aimés…

Les paroles des chansons sont à prendre au premier degré : de « Bonbon, la brute et le truand » à « Bien partout (dit la fourmi) », on baigne dans le monde magique de l’enfance. Petite cerise sur le gâteau, le disque est accompagné d’un livret illustré des coups de crayon de Parrondo, qui fera plaisir aux petits comme aux grands.

« Je vais où me porte le vent, je suis la lune arrivant, et de là, les étoiles qui sourient à la nuit, (…)je vais d’un air réjoui, et je danse dans tes bras, je suis fou, je danse avec toi….»

On ne frise pas la perfection qui caractérise Cocorosie, mais le côté naïf de la manoeuvre est vraiment plaisant, charmant et séduisant.

Le label Soundstation

La chronique de Cocorosie, La Maison de mon rêve.