Une souris verte qui courait dans l’herbe, je l’attrape par la queue, je la montre à ces messieurs, ces messieurs me disent trempez-là dans l’huile, trempez-là dans l’eau, ça vous fera un escargot tout chaud.


Les soeurs Casady sont donc – déjà – de retour, alors que Sierra a encore pondu l’année dernière avec la peintre Matteah Baim un album bizarroïde (terme devenu plus que commun ici – au point qu’on imagine prendre des bains d’huiles trouvées sur un marché paumé, mélange de world culture et de sorcellerie à la sauce moderne) avec les – décevants – Metallic Falcons . Mais revenons aux Casady.

Leur musique dans La Maison de Mon Rêve, leur premier opus, nourrie et plus qu’inspirée du monde des enfants, autant dans la forme que dans le fond et accouchée telle une farce, avait rencontré un succès mérité. Pour les plus sceptiques, disons qu’elles sont arrivées au moment opportun. Les voici maintenant coincées, pour leur plus grand bonheur (voyez Noah’s Ark), dans ce genre qu’elles n’ont peut-être pas créé (dixit, ici même, Françoiz Breut ou Joan as Police Woman…), mais qu’elles représentent amplement, et que l’on pourrait baptiser de « folk gospel bricolé ». En témoignent aujourd’hui ce titre et ce concept inspirés de Wee Willie Winkie : les aventures du cheval fantôme et du mort-né. Pour, disent-elles, leur faire faire ce qu’on ne peut pas faire dans la vraie vie. Allez toi ?

Du coup, on ne joue plus, et on commence même à s’y croire de plus en plus (jusqu’à se maquiller et délivrer des pochettes signées Pierre et Gilles). On sort presque album sur album, drainant toujours les mêmes ingrédients (des jouets, des boîtes à musique, une voix de sorcière, des paroles de contes de fées, une harpe) tout en y infusant de nouvelles recettes. Ici, clairement, c’est le hip hop, le dub et leurs multiples manières de faire, surtout rythmiques, qui apportent ce qui fait qu’on ne jette pas la chose au bac (à sable, non, à soldes pardon). Par moments, le chant d’opéra aidant, on est à la limite de l’indigeste, mais c’est la marque de fabrique de Cocorosie. Si on n’aime pas, on circule.

« Japan », en l’occurrence, et son refrain fédérateur, ou « Promise », poursuivent ce que le rappeur français Spleen avait laissé entrevoir sur « Bisounours » (Noah’s Ark). A une nuance près : la grande sensualité (inexplicable) de leurs voix. Il en est ainsi de « Werewolf » et de son loop entêtant, appuyé par une basse tonitruante.

Ceci dit, comme rappelé précédemment, les vieilles casseroles sont toujours d’utilité et font souvent les meilleurs plats (la belle ballade « Sunshine » pourrait provenir du premier EP). Même le très saloonesque « Houses » lorgne – encore une fois – vers du Tom Waits de cabaret.

Côté VIP, on a pas trop donné dans l’ostentatoire de l’album précédent. Non, ici, on retrouve juste encore la diva Antony and the Johnsons sur « Miracle ».

L’album laisse toujours la même impression que le précédent. La surprise que suscitait leur première fournée n’est plus au rendez-vous, mais leur musique apporte toujours ce je-ne-sais-quoi qui vous y fait retourner (sans que ce soit toujours avouable). Ah, enfance, quand tu nous tiens.

– Le site de Cocorosie.