Avant de prendre nos quartiers d’été, la Pinkushion Team vous a concocté sa traditionnelle sélection estivale : pop acidulée, rock hybride voire défricheur, triturage ambient, rééditions country-folk et brésilienne, hardcore tricolore, jazz perché… une revue en accéléré et éclectique de 18 disques pour l’été 2018 (on aime les chiffres ronds). En attendant  la rentrée et les beaux albums de Low, Idles, Spiritualized, The Lemon Twigs, Richard Thompson… et bien d’autres surprises, on vous souhaite un excellent été.


 La sélection de Georges Vedeau

 

Hamish  Kilgour / Finklestein (Ba da bing records)

Dans la fratrie néo-zélandaise Kilgour le frère Hamish présente son deuxième album en solo. Même intonation de voix que David – son frère – même musique un peu foutraque que leur projet commun The Clean. Un savoir-faire kiwi.

Charles Lloyd & The Marvels Feat. Lucinda Williams / Vanished Gardens (Blue Note)      

Sur des visions communes, deux artistes aux univers musicaux distincts s’associent. Vanished Gardens est le travail inspiré du saxophoniste de jazz Charles Lloyd et de la folkeuse américaine Lucinda Williams ; entre autres.

Gene Clark / Sings For You  (Omnivore)

L’ex Byrds chante rien que pour nous. Cela devrait suffire.

Lump / Lump  (Dead Oceans)

Une folk pop clinique et sophistiquée enveloppée par moult électronique et claviers ; c’est le travail optimal d’un duo : Laura Marling et Mike Lindsay (Tunng ).

John Hassell / Listening To Pictures (Pentimento Volume One)    (Ndeya)

L’octogénaire et trompettiste John Hassell a tout connu (Stockhausen, Can,  La Monte Young, Terry Riley, Brian Eno,…) ; son nouvel LP le premier depuis 9 ans fusionne l’électronique à sa trompette jazzy. Magnifique.

Birds In Row / We Already Lost The World   (Deathwishinc)

Du hardcore ultra puissant en provenance de Laval (from France). Rien ne résiste à la tornade de leur second météorite.

 

La sélection de Paul Ramone

Vinyl Williams / Opal (Requiem Pour Un Twister)

Petit-fils du compositeur de Star Wars, Vinyl Williams est passé maître depuis son premier album Lemniscate en matière de collage pop psychédélique, ouvrant une brêche vers la 11e dimension, quelque part entre l’incandescence des premiers Tame Impala, et le mythe californien de la Sunshine Pop.

RVG / A quality of Mercy (Fat Possum Records)

Ce trio australien (encore un après RBCF !) fait sonner ses guitares cristallines comme du temps de leurs glorieux aînés 80’s The Church et Go-Betweens. Ceux qui savent n’ont plus qu’à se ruer sur RVG.

Alexander Tucker / Don’t Look Way  (Thrill Jockey sortie fin août)

 

Croisé aux côtés de Sunn O))), Khanate ou encore moitié du duo psyché pop Grumbling Fur, Alexander Tucker laisse en solo exprimer son spleen folk baroque qu’il se plait à déconstruire façon Song Cycle de Van Dyke Parks, mais avec les outils du XXIe siècle. Destabilisant et donc captivant.

Dirty Projectors / Lamp It Prose (Domino Records)

Un an seulement après le complexe Dirty Projectors, le cerveau toujours aussi débridé David Longstreth continue de n’en faire qu’à sa tête avec sa pop protéiforme, et son album le plus lumineux et accessible depuis l’imposant Swing Lo Magellan (2012).
Helio Matheus / Helio Matheus (Athens ot the North)

Cette réédition du premier et unique album du carioque Helio Matheus (1940/2016) est un trésor méconnu de la MPB. Enregistré en 1975 avec le renfort de 128 musiciens (!) ce disque superbement orchestré s’inscrit dans la veine d’un Marcos Valle période « aquatique ».
La sélection d’Umut Ungan 
Pram / Across The Meridian (Domino Records)

Le retour amplement réussi, après une dizaine d’années d’absence due au départ de sa chanteuse/cofondatrice Rosie Cuckston, du célèbre groupe de pop expérimental.

Betonkust & Palmbomen II / Center Parcs LP (Dekmantel Records)

Un véritable trésor d’électro/pop du duo néerlandais enregistré dans un vieux parc d’attraction délabré en plein hiver.

Jon Hopkins / Singularity (Domino Records)

5 ans après Immunity, le musicien électronique anglais continue son ascension avec Singularity, signant là encore une fois un superbe opus de techno/ambient parfaitement maîtrisé.

La sélection de Clément Bocquet

You Strange Said / Salvation Prayer (Fuzz Club)

Ces jeunes et prometteurs Normands sont allés enregistrer leur premier long format dans le studio des Dandy Warhols à Portland, financé en partie par Crowfunding. Truffé d’hymnes pop tendance 90’s, ils marient parfaitement shoegaze et psychédélisme, dans un décor bucolique fort rafraîchissant.

 

Vox Low / Vox Low (Born Bad Records)

En pleine période « French Touch », ils se nommaient Think Twice, mais manquèrent la vague, faute de promotion. Ils réapparaissent, plus mûres, mais pas plus enjoués: désincarnés, froids, nihilistes, mais surtout addictifs. Se mariera plutôt avec des vacances dans le nord.

 

HMLTD / ? (?)

Cela fait un peu plus d’un an que l’on espère un album de ces brillants vauriens, et au lieu de ça, ils continuent de nous gratifier ça et là de titres aussi créatifs qu’éclectiques. On se demande sous quelle forme ils pourront rassembler ce joyeux bazar, mais l’espoir est toujours là, intacte.

Flat Worms / Flat Worms (Castle Face Records)

Voici un super-groupe (Oh Sees, Kevin Morby) qui est resté relativement discret jusqu’à ce qu’on les aperçoive sur scène: le chant est aussi désinvolte que la rythmique est tachycardique. Pas de chichis, on est là pour bouger son corps et suer. Peu importe la canicule.