Une pochette des plus sobres : un polaroid un peu flou sur fond rouge Valentino et les noms en caractère simple. Sur la photo, notre protagoniste pose avec sa guitare, vêtu d’une robe folklorique et d’un gilet de montagne que ne renierait pas Heidi ou Candy. Haley Bonar serait-elle la cousine vestimentaire des Grandaddy ?


Avec déjà un premier album auto-distribué à son actif, Haley Bonar possède bien sûr d’autres cordes à son arc.

– Premier atout : cette jeune songwriter impressionne de par sa précocité : 20 ans tout rond au compteur ! La bio de son site officiel nous informe en outre qu’elle joue de la musique depuis l’âge de trois ans et écrit des chansons depuis aussi longtemps. La belle affaire.

Je sens déjà certains lever leurs poings, du genre : « oui, mais regarde Avrile Lavigne, elle n’a même pas 17 ans et c’est pas pour ça qu’elle fait de la bonne musique ». Oui, c’est vrai, mais la différence notable entre Avrile Lavigne et Haley Bonar, c’est que cette dernière – outre le fait qu’elle ne pratique pas le skate board – possède déjà en bagage un vague à l’âme aussi lourd à porter que celui d’un centenaire.

– Second atout, La belle a signé son deal chez Chairkickers records, la petite structure d’Alan Sparhawk (Low). Rien que ce nom là est garant de qualité. Haley Bonar s’est forgée une solide réputation en tournant dans les clubs miteux de son patelin (Duluth dans le Dakota) pour finalement décrocher la première partie de Low. Elle est actuellement sur les routes américaines en tête d’affiche, une tournée européenne est envisagé (dixit ses propos sur son carnet de bord).

– enfin (et ce n’est pas le dernier des arguments) , cet album est excellent 🙂

…the size of planets est un album facile. J’entends par là accessible à tous. Haley Bonar jongle ici avec succès sur plusieurs styles : Folk, country, slowcore, Americana, pop… il y en a pour tous les goûts, pourvu que les mélodies écorchées soient votre pain quotidien. Certaines affiliations ne manqueront d’ailleurs pas d’être évoqué à travers ses prédécesseurs (Suzanne Vega, Joni Mitchell…). D’ailleurs, le premières notes de piano de « Save a Horse, ride a Cowboy » rappelle inconsciemment un autre album magnifique, en l’occurrence le Nine Object of Desire de Suzanne Vega. Parfois, on pense aussi à une Kristin Hersh solo légèrement plus mercantile, qui varierait davantage les climats. N’allez pas croire non plus que notre jeune protégé soit un simple ersatz accompagné d’un bout de bois, elle possède au contraire assez de chien pour se dépêtrer toute seule de ces comparaisons.

« Drinkin Again », petite complainte Bukowskienne accompagné d’une guitare et d’un bottleneck, se laisse chantonner toute seul. Par moments, Bonar se révèle poignante, seul assise au chevet de son piano le temps d’un « Sun don’t shine », « Out of The Lake » ou « Lullaby » (la liste varie selon les humeurs) .
Cerise sur le gâteau, cette jeune fille du Midwest bénéficie de quelques invités prestigieux sur son album en la présence de son patron Alan Sparhawk et Aaron Molina (If Thousands).

Une fois de plus, les Etats-Unis viennent d’enfanter un formidable outsider, voguant loin, très loin devant le folk ultra-marketisé d’une Jewel. Vous l’aurez compris, si la formule présentée sur …the size of planets n’est donc guère révolutionnaire et même archi-ressassée (voix plaintive accompagnée d’une guitare folk ou d’un piano), la présence indéniable de cette chanteuse nous procure un album attachant. Ecoutez Haley Bonar, une fille qui sait écrire des chansons simples à en pleurer (dans tous les sens du terme).

– le site de Chairkickers records

– le site officiel d’Haley Bonar