Un an seulement après Painkillers, album de reprises sur lequel officiait l’excellent révérend James Leg au Rhodes, le duo blues garage de Fort Wayne sort un nouvel opus rageur et enthousiaste.


Avec Rock them back to hell, Left Lane Cruiser revient en force, creusant toujours plus profondément le sillon du punk blues. Tout en clamant une nouvelle fois sa liberté et son irrévérence, le duo formé de Brenn Beck à la batterie et de l’exceptionnel Freddy J IV au chant et à la guitare, nous offre dix nouvelles pépites saturées et survitaminées. Dix titres exceptionnels, qui à l’instar de « Juice to get loose », « Coley » ou « Overtaken » renvoient dès leurs introductions, Ben Harper et consorts à leurs études… Cette galette est une nouvelle pierre angulaire d’un blues moderne à la fois rustique et électrique, bien éloigné des chapelles agonisantes qui confondent trop souvent tradition et conservatisme suffocant. Tout comme les Black Keys du début, Left Lane cruiser perpétue l’essence du blues, cette flamme sensible et d’une incroyable fragilité qui finit, à force d’être trop souvent maltraitée, par s’étouffer dans les limbes de ses douze mesures. Comme pour les auteurs du décevant El Camino, on retrouve chez chez ce séminal duo guitare/batterie l’influence de Junior Kimbrough et autre John Lee Hooker, sans que cela tourne à la révérence ou à l’exercice de style. Dernier de la classe en terme de ventes et de reconnaissance, Left Lane Cruiser fait une nouvelle fois référence, pour les quelques chanceux qui l’écouteront ou qui verront le duo sur scène. Affirmons le haut et fort, Rock them back to hell est une véritable leçon de vie, un vent de liberté dans une industrie du disque depuis trop longtemps étourdie et déboussolée. C’est certain, Left Lane Cruiser a ramené le blues de l’enfer !